Marius et Fanny de Daniel Auteuil



Que dire de de premier opus ? Les décors sont somptueux. Les personnages à croquer. Ah ce Raphaël Personnaz ! Quel beau gosse ! Avec ses yeux bleus, toutes les Fanny du monde ne lui résisteraient pas.
Mais là où l’accent dans Bienvenue chez les chtis n’était pas gênant parce qu’authentique, dès le début, ces acteurs qui forcent le trait ont un côté dérangeant.
Daniel Auteuil, comme dans la Fille du puisatier est un bon technicien comme réalisateur mais manque d’inspiration. Certes, il sait s’entourer, ce qui donne un ensemble cohérent. De plus le texte de Pagnol se suffisant à lui-même apporte déjà 50 % au film. Par contre et on ne peut pas s’empêcher de compare, Auteuil ne vaut pas Raimu et la fameuse partie de cartes qu’on attend impatiemment tombe à plat par son cadre (pourquoi le soir ? dans la pénombre ?) et par son espèce d’envie d’en finir.
Bien sûr, c’est Fanny et Marius au centre de l’histoire mais ce n’est pas qu’une histoire d’amour. Seule Marie-Anne Chazel sort le personnage d’Honorine de son anonymat et en fait une femme haute en couleurs. Chez elle, pas d’accent qui semble forcé ; tout le talent d’une comédienne de comédie…

Des longueurs, des plans certes beaux comme des cartes postales mais qui ne servent à rien et restent dans le statique pour ce deuxième volet encore plus - si c'est possible - plat que le premier.
 Le texte de Pagnol déjà moins truculent dans cet opus souffre de ces plans sans vie dans lesquels les acteurs comme leur personnage se trainent.
Il n'y aurait guère que le décor du magasin de voiles de Panisse qui, par sa nouveauté et son esthétisme bordélique qui apporte un peu de fantaisie et de plaisir.
Plus axé sur le sentiment et le drame de Fanny, fille-mère dans un siècle qui n'en veut pas, le talent de Daniel Auteuil, réalisateur montre se limites et peine à nous maintenir éveillés.
Il y a bien Marie-Anne Chazel qui, comme dans Marius, apporte sa guouaille sans forcer le trait et secondée d'Arianne Ascaride, elles nous ravissent d'une -trop- courte scène.
Je passe.

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