Avant l'hiver de Philippe Claudel





Un homme, Paul, neurochirurgien, la soixantaine, marié à la belle Lucie, rencontre à plusieurs reprises de façon fortuite ( ?!) une jeune femme, Lou.
Suivent l’envoi régulier de roses rouges à son cabinet, son bureau, son domicile.
Peu à peu s’insinuent en lui des doutes qui l’amènent à s’interroger sur lui-même.
L’histoire n’est rien sans l’ambiance photogénique du film. D’aucuns trouveront s’ensemble trop plat (mais le décor chez Philippe Claudel contribue d’autant au message, de même que les acteurs. Après les quartiers bourgeois de Nancy, ville de l’est de la France, c’est au Luxembourg qu’il tourne cette fois : avec sa brume matinale, les feuilles tombées en gros tapis puis le givre hivernal.
Comme le titre à double sens l’indique, avant l’hiver est aussi ce moment de la vie où tout sombre dans le froid et le gris comme la conscience d’aller vars la fin.
De même que la maison cubique, froide et médicale adjointe à un jardin superbe de catalogue, le couple est prisonnier de sa vie, ses habitudes.
Prisonnière de son grand jardin, Lucie (qui n’en sort pas très souvent) s’interroge et s’échappe. Prisonnier, Paul s’échappe aussi pour retrouver une autre prison, l’hôpital d’où il ne sort que par une porte de service le temps d’une pause.
Il faut y voir dans toute cette langueur et ces paysages magnifiques, le déroulement de toute vie, monotone et linéaire qu’un petit grain de sable vient perturber.
Monsieur Claudel, bien qu’admirative de votre œuvre, ce film, un tantinet trop long, peut énerver.
Et sur la chute, franchement, je n’y ai pas cru. Gros à avaler mais je respecte votre volonté de vouloir provoquer l’électrochoc qui va réveiller Paul et son entourage.
Merci en tout cas de ces belles images.

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