Quai d'Orsay de Bertrand Tavernier

Avec Thierry Lhermitte, Niels Arestrup



Au ministère des affaires étrangères, il s’en passe des choses ! La bonne idée : Thierry Lhermitte en ministre survolté secondé de conseillers zarbis et de Niels Arestrup, placide et clame, le seul homme, semble-t-il, de toute situation.
Au milieu de tout ça, Raphaël Personnaz, très en vogue, essaie de percer les rouages de la politique pour écrire les discours du ministre suivant des directives souvent contradictoires.
On pense à l’excellent Exercice de l’Etat avec le non moins excellent Olivier Gourmet.
Mais ici le ton donné est la comédie. Le langage politique qui fuse et nous assaillit peut faire perdre les pédales mais au milieu de tout ça, le personnage de Thierry Lhermitte, sérieux mais qu’on ne prend pas au sérieux, nous noie dans des aphorismes qui le caractérisent et sont à hurler.
Le personnage de Marie Bunel – trop rare – comme celui de Niels Arestrup, tout en calmitude, nous convainc avec son joli sourire que tout n’est pas si grave.
Le décor participe aussi au propos et est un vrai personnage : plafonds trop bas, portes qui tombent, manque d’intimité – ou opportunité d’intimité – tout en mettant en valeur un patrimoine en total désaccord avec le modernisme de la situation.
Quand on s’est habitué au tournis provoqué par les premières scènes, ce Tavernier se laisse regarder.
 

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