Hippocrate de Thomas Lilti



Vincent Lacoste a bien grandi depuis les Beaux Gosses. Il a eu son bac, est devenu un homme face aux normands avec Astérix. Il a quand même redoublé avec Camille (redouble), est parti en vacances avec Julie Delpy et le Skylab et brillamment, il termine ses études de médecine, très jeune donc. Il est ici interne à l’hôpital avec son père (Jacques Gamblin) et va faire l’apprentissage de la vie médicale.
Comme décor, on ne voit effectivement que l’hôpital ou presque et m’a-t-on dit, ce sont vraiment des personnels hospitaliers qui jouent leur propre rôle.
Ainsi, en suivant l’internat de Benjamin, on plonge de plein pied dans un univers réaliste qui, loin de la fiction des séries – et sur les écrans passent DrHouse… -, c’est aussi un état des lieux du système médical français qui est fait. Franchement, même si l’autodérision est parfois de mise, le bilan est affolant. 
Le deuxième acteur phare du film mis sur le même plan que le jeune interne Benjamin, c’est Reda Kateb, le médecin étranger forcé de repasser par l’internat pour avoir une équivalence.
Ceci explique cela. Et les médecins étrangers dans nos hôpitaux, il y en aura de plus en plus. Sont-ils mieux ou pas ? La question n’est franchement pas là et la réflexion va bien au-delà.
Ce film très instructif par tout ce que l’on voit et comprend de la vie de ceux qui nous soignent sans que l’on débourse un centime ou presque (ne l’oublions pas), leur vie, et bien, je ne la voudrais pour rien et je les en remercie comme je remercie le réalisateur, Thomas Lilti (si j’ai bien vu, ancien médecin lui-même et fils de médecin). Ce film, grâce à des acteurs extras nous montrent des soignants, qui, loin de nos petits soucis, font au mieux dans un système loin d’être performant, je dirais même malade.
Alors, il y a de bons mots, des éclatades légitimes, des coups de gueules, de bons moments et des pétages de plombs. Au milieu de tout ça, le malade – c’est-à-dire nous, ne nous leurrons pas – est pris en compte et existe vraiment, contrairement à ce qu’on pourrait penser.
Que font les gens qui sortent de la salle ? Ils parlent de leur expérience des hôpitaux… Quand je vous dis que ça concerne tout le monde, bon, pas mon chéri qui va passer sur le billard bientôt. Mais à tous les autres, je le conseille vivement, pour une bonne culture hospitalière.

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