En Equilibre de Denis Dercourt




Marc Guermont, cascadeur équestre se retrouve paraplégique suite à une chute pendant un tournage. Florence, mandatée par la compagnie d’assurance, va essayer de réduire les indemnités qu’ils lui doivent.
Ce film, décidemment, ne m’a pas convaincue. Pourtant j’adore Albert Dupontel et Cécile de France et c’est beaucoup pour eux et leur couple que je suis dans cette salle avec une dizaine de personnes.
Il est vrai qu’on ne s’attarde pas sur la difficulté de l’handicapé à reprendre pied. Les faits sont là et se suffisent à eux-mêmes, comme le transport de Marc qui prend la place du cheval, à l’arrière alors que c'est lui qui les dresse et les domine.
Malgré tout, le personnage d’Albert Dupontel est d’emblée un homme fort, de ceux à qui les chevaux et les hommes obéissent. Mais comment va-t-il parvenir à jouer, lui qui, sans arrêt dans ses films, déploie toujours une telle énergie.
Eh bien, tout son dynamisme est bien là, dans sa nervosité, le déterminisme de son personnage, comme il le faisait dans Deux jours à tuer. Et c’est exactement l’acteur qu’il fallait pour ce rôle.
Peu importe qu’il ne court pas, qu’il ne marche pas, parce que toute sa force réside dans l’ensemble de son physique, assis ou pas et elle est d’emblée dans la conduite du bateau ou de la voiture – très basique comme cliché, je l’avoue –
Plus dure sera la remise en selle qu’il veut, contre toutes statistiques. Les longs efforts nous sont épargnés par le réalisateur qui va au fait - je lui en suis gré -. 
Si je n’avais pas eu le générique de fin qui me précise que c’est Bernard Sachsé l’inspirateur, lui-même paraplégique et qui est remonté en selle, j’aurais douté de la véracité des faits. Simuler le handicap reste difficile surtout pour les scènes montées qui ne m’ont, hélas, pas convaincue.
Mais ce qui reste de central est l’histoire du couple Florence/Marc, simple sans l’être, évidente comme l’est le couple Cécile de France/Albert Dupontel. Qu’elle est belle Cécile quand elle lâche ses cheveux ! Et pourtant, c’est une des rares actrices aux cheveux courts que j’aime et là, elle est sublimée par la lumière et le cadre puis son ouverture au monde que son personnage croyait fermé à jamais la rend lumineuse.
Albert Dupontel, lui, parvient à nous faire admettre que, malgré le fauteuil, c’est lui le personnage fort grâce à sa rage qui transpire et de même il rend les scènes d’acrobatie d’une poésie rude, de celles qui laissent KO.
Ce film reste une belle rencontre d’acteurs quand j’occulte tout le reste qui parasite l’ensemble.

15 avril 2015 en salles

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