Voyage en Chine de Zoltan Mayer



Liliane qui vient de perdre son fils, mort en Chine et qu’elle n’a pas revu depuis longtemps, part afin de faire rapatrier son corps. Commence un périple qui va la mener sur ses traces et sa vie là-bas.
Qu’il est donc joli ce voyage en Chine !
Avec Yolande Moreau qui est ce personnage ordinaire de femme et qu’elle sait si bien incarner. Ordinaire mais qui, confrontée à l’adversité ne se décourage pas.
Ici l’adversité, c’est un pays où tout est complètement différent comme peuvent si bien l’être l’Orient qui s'oppose à l’Occident.
Et Liliane est seule, dès le début et  n’a pas une vie où quelqu’un se préoccupe d’elle. C’est même l’inverse. Cette solitude est palpable même quand André Wilms est à ses côtés. On pressent vite le drame.
Les évènements poussent cette femme à changer. Et ce qui est frappant de réalisme, c’est l’isolement par le langage particulièrement bien rendu à l’écran. Seule, elle le reste le temps qu'elle s'adapte pendant de longs plans de quais de gare, de hall d’attente, de pièces vides, de nuits solitaires.
Et puis dans ces décors d’une Chine d’abord urbaine puis de plus en plus rurale, ce sont des rencontres. Ceux qui se moquent, ceux qui s'impatientent, ceux qui l'aident, ceux qui l'apprivoisent.
Au milieu des champs de colza (jaune lumineux) (Et oui ! madame, ai-je envie de répondre à une voisine dans la salle qui dit « ils en ont aussi »), Liliane va laisser l’autre entrer dans sa solitude et elle va partager son chagrin en surmontant les tâches administratives mais aussi en découvrant les amis de son fils.
Ce deuil achevé, après une longue séquence de rite funéraire floue qui inverse le procédé car d'ordinaire le sujet principal est en premier plan. Ce qui donne une distance à cette cérémonie taoïste pleine de couleurs et c’est toute la Chine qui nous éblouit.
Yolande Moreau est parfaitement juste dans sa composition qui se fond dans la langueur du film qui semble être tourné par un réalisateur chinois alors que non. Cette femme mûre, de même que nous, spectateurs, s’ouvre peu à peu à l’acceptation de la différence et surmonte son ignorance et son chagrin.
Les rencontres sont si belles (les belles Qu Jing Jing et Ling Dong Fu surtout) que j'ai du mal à sortir de la salle et que j'ai envie de rester dans ces paysages de montagne et de campagne paisibles et sereins.

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