Mustang de Deniz Gamze Ergüven



Avec Güneş Nezihe Şensoy, Doğa Zeynep Doğuşlu, Elit Işcan, Tuğba Sunguroğlu, Ilayda Akdoğan
À 1000 km d’Istanbul, 5 sœurs, Sonay, Selma, Ecce, Nur et Lale vivent leur dernière année d’école. Leur grand-mère qui les a élevées et leur oncle profitent de l’été pour les forcer à se marier.

 Les images du début où les adolescentes s’amusent dans l’eau seront peut-être les seules où l’occidentale que je suis pourra se reconnaître.
Vient ensuite la voix off de la plus jeune, Lale et le récit de la vie insouciante, peu à peu, vire au cauchemar
Grâce aux jeunes actrices extraordinaires qui, sans parole ou presque, parviennent à nous emmener avec elles dans le silence qui leur est imposé, ce film est une découverte d’un pays qui, a-priori, semble « moderne ».
Mais comme partout, les traditions et les idées fausses ont la vie dure comme le montre un long plan sur Selma allongée à l’hôpital parce qu’elle n’a « pas saigné » lors de sa nuit de noce !
Société moyenâgeuse où les vieilles femmes savent comme il est dur d’être mariée contre son gré mais que la société faite d’hommes leur impose en les réduisant à l'ignorance sans autre éducation que faire la cuisine, le ménage, la lessive.
La douleur de ces sœurs qui passent leurs derniers moments d’enfance ensemble dans une maison qui symbolise peu à peu leur statut de « non existantes » est pourtant parsemée de petites joies comme le match réservé aux femmes, la tante qui détruit les relais électriques pour que l’oncle ne les voit pas à la télé, ou comme Lale qui crache dans le café des marieuses.
Et surtout, ce film laisse la place à de purs moments de grâce entre les sœurs, soudées et unies malgré tout mais qui deviennent, dans leur prison dorée, des papillons auxquels on aurait coupé les ailes.
Le vrai drame au fond, plus que ces mariages forcés, est la distance qui leur est imposée les unes par rapport aux autres et aussi le silence, pesant, lourd, palpable, dense.
L’image de l’homme n’est pas systématiquement dévalorisée puisque c’est lui qui permettra l’ultime évasion de Lela et Nur et les auteurs ont bien réussi à nous montrer que c’est la société toute entière qui est fautive.
Bravo à Deniz Gamze Ergüven pour ce film poignant sur une jeunesse qui ressemble fort à la nôtre mais où les règles sont faussées.
Comme la jeune héroïne, j’ai tremblé jusqu’à la fin.


En salles le 17 juin 2015

Je le déconseille aux plus petits.


1000 km of Istanbul, 5 sisters, Sonay, Selma, Ecce, Nur and Lale live their last year of school. Their grandmother who has high and their uncle take advantage of summer to force them to marry.



Images from the beginning where teenage girls are having fun in the water may be the only where Western that I can recognize.

Just then the voice-over of the youngest, Lale and the story of the carefree life, little by little, turns into a nightmare
Thanks to the extraordinary young actresses who, without Word or nearly so, manage to take us with them in silence imposed on them, this film is a discovery of a country which, a-priori, seems to 'modern '.
But as everywhere, traditions and misconceptions have life lasts as shown in a long shot on Selma lying in hospital because it did "not bled" during her wedding night!
Medieval society where old women know as it is hard to be married against her will but that the society made men imposes on them by reducing ignorance without other education that cooking, cleaning, laundry.
The pain of these sisters who spend their last moments of childhood together in a home symbolizing little by little their status as "non-existent" is still dotted with small joys as the game reserved for women, aunt that destroyed the electrical relays that Uncle does not see them on TV, or as Lale which spits in the cafe of the matchmakers.
And especially, this film leaves instead to pure moments of grace between the sisters, welded and United despite everything but become, in their golden prison, butterflies that it would cut the wings.
The real drama at the bottom, more than these forced marriages, is the distance that is imposed on them one against the other and also silence, heavy, heavy, dense, palpable.
The image of the man is not systematically devalued since it is he who will provide the ultimate escape of Lela and Nur and the authors were successful in showing us that it is the entire company, which is improper.
Bravo for this film poignant about a youth who looks a lot like ours but where the rules are biased.
As the young heroine, I trembled until the end.
 

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