La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil de Joann Sfar



J'avoue : c'est attirée par le titre que je suis allée voir ce film (et un peu par le réalisateur). Donc, Dany, secrétaire, myope aux longues jambes « emprunte » la voiture de son patron et s’offre une virée vers la côte d’azur. Balade qui s’avère un cauchemar, agression, troubles psychopathiques, cadavre…
Freya Mavor, actrice inconnue (de moi en tout cas) balance sa mini-robe, filmée de façon à bien mettre en valeur ses fameuses longues jambes. Avec ce look assumé années 70, Joann Sfar affirme son style libéré autant dans le choix de l’époque choisie que dans le traitement de l’image et du montage.
Cette dame dans l’auto, on se doute bien que ce va être cette grande nunuche qui se parle à elle-même et qui fantasme sur son patron au point de faire tout ce qu’il lui dit. On a la femme, on a les lunettes, on attend l’auto qui arrive assez rapidement et on n’attend plus que le fusil.
Le titre tronque le suspense pour que notre curiosité qui l’emporte aille crescendo. Est-elle psychopathe ? Est-elle manipulée ? Par qui ?
Autant de questions auxquelles s’en rajouteront d’autres qui vont rendre l’ensemble étrange.
Certains pourraient être dérangés par cette façon de filmer à ras de sol mais perso, les cadrages insolites de Joann Sfar ne m’ont pas dérangée.
Le choix de situer son action bien avant le portable, avec machine à écrire, belle américaine et mini-robes fait que le graphisme l’emporte sur l’insupportable omniprésence technologique de nos vies  qui parsème tous les films.
Libéré de ces contraintes, l’actrice s’ébroue devant la caméra du réalisateur qui en profite et nous en fait profiter. Un nom à retenir : Freya Mavor et qui est opposée à un faible Benjamin Bioley qui n’est menaçant que parce qu’il marmonne (se prend-il pour James Dean ?).
En tout cas, j’ai passé un excellent moment dans une salle climatisée devant un habillage de l’écran type « Amicalement vôtre », soleil, luxe, volupté et angoisse montante.
Et curieusement, Stacy Martin, l’autre femme du film, était, elle, la rousse flamboyante sortie de terre de Tale of Tales de Matteo Garrone et bien que sculpturale aussi, elle est évidemment éclipsée par le jeu de Freya Mavor, britannique mais encore inconnue chez nous.
Pas d’avertissement pour ce film mais moi, j’en mettrais bien un pour les moins de 12/13 ans, comme toujours, à vous de voir !

Sorti en salles le 5 août 2015

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