Je suis un soldat de Laurent Larivière



Drame social sans aucun rapport avec le titre, ce film est centré sur le personnage de Sandrine – Louise Bourgoin – qui, au chômage et sans appart retourne vivre chez sa mère où s’entassent déjà sa sœur et sa famille, eux-mêmes en difficultés avec la construction de leur maison.
Louise Bourgoin compose un personnage à l’opposé de ceux que je lui connaissais, romantique ou loufoque, qui doit faire avec un quotidien difficile mais obligatoire pour survivre.
Son oncle Henri – trop rare Jean-Hugues Anglade – lui propose un travail dans son chenil et l’initie à un trafic de chiots auquel il se livre.
Louise Bourgoin, cheveux courts et en gros plan sur l’affiche est bien représentative de ce drame qui joue de sa vie. Seule, elle tente de s’en sortir et saisit l’opportunité de se faire de l’argent et d’en faire profiter sa famille. Mais l’argent, nerf de la guerre, se gagne mais doit se cacher. Et Jean-Hugues Anglade, l’oncle pas net, salaud parfait et parfaitement joué, ne la laisse pas jouir de ces petits bonheurs. Mieux, il se sert d’elle et ne se préoccupe pas de son sort tout en la liant à lui par ce chantage déguisé.
Louise Bourgoin, inhabituelle en vêtements de travail poisseux, sales et qui puent, reste debout malgré tout et en cela, le titre pourrait refléter son état. Et ses choix qui se révèlent impossibles à prendre, elle les risque tout de même.
Face à elle, Anne Benoit, finement utilisée, est une véritable surprise en mère aimante, digne mais rabaissée par un emploi où elle est humiliée. Elle porte à bout de bras ses filles, innocente des magouilles de son frère.
Il est un autre personnage qui mérite le détour et prend ici un risque dans le rôle du vétérinaire – Laurent Capelluto, très émouvant – car se met littéralement à nu.
En bref, ne vous fiez pas au titre et allez voir ce très bon film avec un casting et une photo soignés. Bel écrin pour actrice à (re)découvrir.
Qui dit drame social, dit « pas indiqué en dessous de 12 ans » (ils ont bien le temps…)

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