Un + Une de Claude Lelouch



Jean Dujardin, nouveau héros de Lelouch est Antoine, compositeur de musiques de films. En Inde pour y travailler, il choisit de faire un pèlerinage avec la femme de l’ambassadeur, jouée par Elsa Zylberstein.
Il y a tout Lelouch dans ce film : la spiritualité, les femmes, les croyances sur la vie et la mort, l’amour, la musique de Francis Lai et les hommes aussi.
Elsa Zylberstein, rare mais talentueuse dans chacun de ses rôles, ne déroge pas ici. Elle se laisse porter par la fantaisie Lelouch et se livre toute entière avec son personnage mystique qui peut prêter à rire au premier abord mais interroge chacun de nous.
En face d'elle, Jean Dujardin dans lequel on retrouve le Loulou de ses débuts, blagueur, macho, accro aux femmes avec une touche lelouchienne en plus. Et le résultat est plutôt pas mal.
Et puis il y a l’histoire dans l’histoire ou plutôt LES histoires et même un film dans le film...
Les uns et les autres se télescopent et donnent un mélange reconnaissable entre tout mais complètement maîtrisé sous une apparente confusion, vous me suivez ?
Lelouch maîtrise Ses codes et les applique pour mon plaisir. Peu importe le fond finalement.
Le choix de l’Inde permet une richesse insensée de couleurs, de gens, de paysages et de croyances qui servent de cadre aux personnages.
Pour entourer le couple central, il y a Alice Pol et Christophe Lambert et les acteurs indiens, à découvrir.
Et Lelouch les aime, ses acteurs ! Chacun aura son moment de gloire, sa scène à lui, sans fard et qui donne un plaisir immense au spectateur.
Et les plans de Lelouch ! Toujours au plus près des visages, de l’action, des anonymes. Ce qui donne parfois des airs de documentaire à l’ensemble.
C’est comme le choix des décors qui apportent une harmonie et qui sont tout simplement beaux : les bords du Gange, l’intérieur du train, le dîner à l’ambassade, la chambre d’hôtel, la péniche…
Tous ces éléments se télescopent sans jamais que rien ne s’effondre.
Et l’histoire dans l’histoire, filmée en noir et blanc après l’avoir vue en couleurs, Roméo et Juliette ? Ou l'inverse ? Pourquoi ? Autant d'interrogations qui replacent la femme au premier plan.
Prétextes, ces mises en abîme, pour le réalisateur pour partir sur ses thèmes et confronter les âges, les années et l’éternité de la vie.
Il a un goût de paradis ce film et même sans fin heureuse, il peut fonctionner.
L’amour de Lelouch pour les acteurs va jusqu’à offrir un savoureux rôle à Venatino Venatini, cabotin en diable mais que j’aime revoir avec plaisir.
De mon avis, un bon Lelouch plein de sagesse et de gens qui s’aiment et se déchirent, temporisé par un Jean Dujardin désabusé, cynique mais humain, somme toute.
Film garanti sans destruction du monde et sans explosion !

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