Peur de rien de Danielle Arbid



1993, ça commence comme un drame social avec des gros plans sur une jeune fille, aspirante étudiante, qui débarrasse la table, et un adulte trop entreprenant.
Lina, la jeune fille, dit « non », claque la porte et commence une errance qui la mènera au gré des rencontres avec d’autres étudiants, chez deux sœurs, dans un foyer, un petit appart mais aussi dans les bras de divers garçons.
À travers Lina qui arrive tout droit de Beyrouth, sacrément culottée comme on l’est à 20 ans, sans autre souci que d’avoir un toit et une assiette remplie, c’est aussi le portrait d’une étudiante étrangère des années 90 qui veut tout faire pour apprendre, qui découvre l’ouverture d’esprit, un pays sans bombe, une liberté de penser – contrariée par une administration tatillonne et à deux vitesses – la vie d'adulte en somme.
Les étudiants sont attentifs et sages, et boivent les paroles de leurs profs qui sont autant de sentences sur la vie de l’héroïne que sur un certain regard de la vie, aujourd’hui perdu de vue. À noter l’excellente Dominique Blanc en prof d’histoire de l’art qui se penche sur le cas personnel de son élève comme on oublie que cela arrive parfois.
La reconstitution de ces années – hormis peut-être la manif étudiante qui a eu lieu avant – sert d’écrin à l’héroïne – superbement jouée par Manal Issa au sourire ravageur et contagieux – qui fait craquer Damien Chapelle, Clara Ponsot, India Hair, Bastien Bouillon – excellent en skinhead -, Vincent Lacoste – toujours en mode bogoss – ou Paul Hamy - l’incontournable homme marié –
Ces années étaient encore celles de l’amour libre, sans contrainte et sans peur du sida. Autobiographiques certes, rêvés sans doute mais c'est le propre des souvenirs de jeunesse...
Merci Danielle Arbid, je me suis régalée. À noter la collaboration au scénario de Julie Peyr, récompensée par le prix Jacques Prévert du scénario.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire